A propos

        Salut à toi qui arrive sur cette page. Si tu es là, je doute que cela soit par hasard, alors allons-y, je me présente. Je m’appelle Anellys, et mon nom civil est Angélique Pionnier. Aujourd’hui encore, je ne sais pas trop si je souhaite changer de prénom. J’en ai déjà 3, et connais leur histoire, je ne souhaite pas vraiment les mettre aux oubliettes. Cependant, qui a décidé que nous ne pourrions pas nous prénommer comme nous le souhaiterions?

        Je préviens d’avance, j’adore écrire. Donc attendez-vous à quelques nombreuses lignes, car je trouve l’exercice délicat de se présenter sans omettre quelque chose qui pourrait être intéressant à savoir. En effet, nous, êtres humains sommes complexes; et j’aime notre complexité intrinsèque. C’est ce qui nous rends unique, nous distingue les uns des autres, et fais que chacun.e peut avoir une place dans notre environnement, car iel nous montrera la vie sous un autre angle, et nous serons enrichis. Bref, je m’éloigne du sujet, cela m’arrive souvent. Vous trouverez des mots-clés en gras pour vous attardez aux paragraphes qui vous saute aux yeux et vous intéressent. Bonne lecture !

« I may be influenced by all of the things around me and that what makes me me. »
Shaun Evaristo à Fair Play Dance Camp, Cracovie, Pologne (été 2015)

        Je suis afab (assigned female at bith : assigné femme à la naissance), mon genre m’a donc été attribué sans mon consentement à ma naissance. On m’a collé cette étiquette sur ma peau, sans même que je ne sache ce que cela implique et que je puisse avoir mon mot là dessus. L’inverse dans ce monde binaire est amab (assigned male at birth : assigné homme à la naissance). Plus les années passèrent, moins je ne comprenais en quoi ce rapport binaire au genre pouvait apporter : non seulement cela musèle les hommes et les contraint à vivre avec un lourd poid que la société leur impose (force, endurance, guerre, sans pouvoir vraiment gérer de manière saine et soigner leurs traumatismes alors qu’ils les subissent car c’est intrinsèquement leur rôle à jouer dans ce système pour le reproduire); mais le sort des femmes aussi n’est pas sans souffrance (soin, reproduction, paix/douceur).

        Quand venait l’heure d’apprendre ce que signifie “être féminine” pour la société, je me suis heurté à un problème que je ne pouvais pas encore nommer : la dysphorie de genre. C’était un sentiment de malaise, d’inconfort permanent, un dégoût de soi-même, d’être une imposture, de devoir jouer un rôle qui n’est pas moi, mais dans quel but fallait-il se conformer à ce point à ce que la société dicte? J’ai appris à prendre soin de mon corps grâce à ces codes, mais je n’étais pas heureu.x.se. Aujourd’hui, je ressens de l’euphorie de genre, tout l’inverse de ce que j’ai décrit. Pourquoi? Parce que je ne suis plus les règles de la binarité de genre, et que je choisis à chaque instant ce que je souhaite faire. Mon genre est fluide (genderfluide), il change et évolue au cours du temps qui passe; parfois je suis une femme, parfois un homme, et la seconde d’après, aucun des deux (non-binaire). Je n’ai pas de pronom particulier, je n’ai pas peur d’être mégenré (je me mégenre moi-même ^^ ).

        Auto-diagnostiqué.e (voir la vidéo d’Allistair sur le sujet par ici) avec plusieurs caractéristiques neuroatypiques (c’est-à-dire un fonctionnement cérébral différent de la norme) au fur et à mesure que j’en apprends sur les domaines liés au cerveau et au handicap (neurobiologie, neuranatomie, neuroatypie, psychologie, psychosociologie), je me rends compte que l’un de mes principaux intérêt spécifiques se concentre sur l’espace mentale d’un individu, sa perception du monde, de soi et de ses intéractions avec le monde. J’avais toujours eu cette impression de décalage avec le monde qui m’entoure. Je ne savais pas si cela venait de moi-même ou des autres, mais j’ai réalisé que j’étais en inadéquation avec mon environnement sur divers aspects. Ainsi, dans le but de mieux me comprendre, j’avais besoin de connaître le fonctionnement des personnes qui m’entoure, de la société dans laquelle nous vivons et des “règles” ou “normes” qui sont acceptés afin d’évoluer dans ce milieu, ce pourquoi je m’intéresse aux sciences citées plus haut.

        J’ai toujours eu cette sensation bizarre d’être sans filtre, d’être hypersensible sur beaucoup de choses qui paraissent futile pour autrui. Ce questionnement de perception de son environnement me donne envie de creuser ce que nous pourrions appeler une éducation sociale, apprendre et développer un regard critique (verbaliser) propre à chacun.e sur sa situation dans la société dans laquelle nous vivons, pour se développer malgré les embûches (résilience) et développer des outils (pour gagner en indépendance) afin vivre dans de meilleurs conditions. J’aimerais également me former à l’éducation émotionnelle, afin de mieux comprendre nos émotions internes, leur rôle et comment les reconnaître et comment réagir de manière saine pour soi et autrui.

        Tout en essayant d’acquérir une vision du handicap non validiste (en tout cas, c’est l’un de mes buts actuels) et d’appronfondir un questionnemment personnel lié à la neuroatypie, j’aimerais à terme pouvoir partager mes connaissances sur ces sujets, bien que cela semblerait n’avoir en apparence aucun lien avec mon parcours scolaire, professionnel et para-scolaire (dans le domaine des arts principalement).

        Il faut croire que pour une petite fille dans notre société capitaliste patriachale hétéronormé à l’époque où je suis né.e, la couleur rose, le tutu et la danse c’est normal. Probablement que mon énergie était canalisé dès mes 4 ans avec de la gymnastique rythmique, puis avec de la danse classique jusqu’à mes 9 ans. J’ai appris à utiliser mon corps pour m’exprimer et décharger le trop plein que je pouvais ressentir. J’ai repris bien plus tard une pratique régulière et intense pendant mon adolescence au conservatoire d’Avignon, avec des cours de hip-hop (breakdance, pop, lock) et de jazz, et dans mon lycée avec de la salsa cubaine. Etudiante sans un rond, la pratique devenait extrêmement irrégulière, mais je gardais un pieds dans ce monde avec quelques cours de danse orientale, ragga dancehall, zumba, street jazz.

        J’ai également voyagé pendant 24h30 dans un bus de Paris à Cracovie où personne ne parlait français pour rejoindre Fair Play Dance Camp en août 2015. A défaut de pouvoir reprendre une activité sportive régulière et de haut niveau, je me suis rapproché de l’équipe de World of Dance pour aider lorsque je le pouvais. J’aime la sensation de tout donner sur scène, de littéralement s’oublier sous les lumières au rythme de la musique, et d’en vouloir de nouveau après son passage. Mais avant de remonter sur scène, j’aimerais retrouver ma proprioception, apprendre de celleux que j’admire, et créer des vidéos chorégraphiées !

« Art inspires art. Create outside of dance, explore outside of dance. »

Shaun Evaristo à Fair Play Dance Camp, Cracovie, Pologne (été 2015)

        Un peu touche-à-tout, même si je n’approfondis pas particulièrement jusqu’à acquérir un certain niveau, j’aime tout de même m’essayer à divers languages artistiques. J’ai commencé par utiliser mon corps à travers la danse mais plutôt comme mon principal exutoire. J’avais besoin de rester en mouvement, de varier mes activités et de m’essayer à ce qui m’était à portée de main. Alors j’ai commencé par écrire (poèmes, fanfictions, lemons, one shot, paroles etc.), et m’amuser avec : le vocabulaire, la sonorité des mots, la ponctuation, les métaphores, les utopies/dystopies, l’imaginaire… J’aime beaucoup aussi les jeux de mots, et vraiment définir un terme, l’englober dans tout ces sens (littérale comme au figuré, soutenu comme familier) pour mieux comprendre le propos. Je suis fasciné.e par la narratologie, le récit, la forme et le contenu d’une histoire, de la création d’un univers fictionnel.

        Je me suis essayé et cherche à diversifier mes pratiques artistiques en passant par la poterie, la peinture, le dessin (encre de chine), travailler l’argile, le bois, le carton. Mais je remarque que je me sens comme happé.e par le rythme de la musique, peut-être parce qu’elle est présente chaque jour de ma vie et facilement accessible. A travers le chant, la chorale, la flûte, la guitare, dès mon adolescence, je m’empresse de m’essayer à produire des sonorités. Ma sensibilité musicale peut prendre deux formes : la première est une addition de saveurs, de volupté et de force, où j’aime isoler chaque instrument et découvrir plusieurs sonorités au sein d’un même morceau. La seconde est beaucoup plus visuelle, pour mieux la comprendre, lire le passage suivant sur l’éducation aux images.

        L’idée de pouvoir capturer un instant, une atmosphère, un paysage ou un sentiment me fascinais. Je veillais sur les premières sorties d’appareil photo hybride, espérant un jour pouvoir en acquérir un. J’ai tout de même pu m’essayer au cadrage; à la composition et à dégainer rapidement mon petit coolpix que je gardais toujours sur moi pour capturer même le moment le plus fugace comme un éclair. Mais je suis vite tombé.e sous le charme du cinéma, l’image en mouvement mais pas seulement. Par le montage, le mixage, la narration, les costumes, l’environnement, les personnages, il était devenu possible de représenter tant de choses, de nuances et de saveurs ! Je me souviens encore de ces dimanche soir sur le canapé du salon à partager un moment devant la série « Urgences » (ER, USA, 1994-2009) avec ma famille, mais encore plus de la douceur de déguster une série par soi-même avec « Alias » (USA, 2001-2006) alors que tout le monde était partit se coucher. C’est en 2ème année de licence que j’ai ouvert mes réflexions à un niveau auquel je n’osais pas : penser l’audiovisuel dans son ensemble. En étudiant la sérialité, les procédés narratifs qui tiennent en haleine l’audience, mais aussi la création, production et réception de ces œuvres audiovisuelles, j’ai remarqué à quel point j’aimais ce domaine là.

        Ayant baigné dans un environnement où les jeux vidéos étaient présent dès mon enfance, où l’informatique et l’arrivée d’internet a bousculé la vie dans mon entourage, ma curiosité et mes idées sur l’évolution de la technique et de la technologie m’amènent à penser tout ces mouvements comme des flux d’informations, de données, que l’on peut analyser en amont, pendant la création et la réception. Je m’intéresse donc beaucoup à la question suivante : « Quel média choisir ? ». Et comme je suis touche-à-tout, j’ai envie de m’essayer à des créations diverses et variés comme la création de jeux de sociétés, de jeux vidéos, de vidéos, d’articles, de podcasts, de site internet etc.

        Dans un but de partager mes connaissances sur l’image et les nouveaux médias, afin que chacun.e puisse s’emparer de ces outils et comprendre le monde des images dans lequel nous baignons aujourd’hui, je souhaiterais créer des ateliers pouvant prendre toutes formes et faciliter la transmission et l’accès au plus grand nombre.

« And when you come out the other side of this,
you’re gonna wanna be doing something that matters. »

The Expanse s05e04

« I really wanted to get back to dance the way that dance has giving back to me. […] I realized that what i wanted to do was change what i could and give back to dance. »

Shaun Evaristo à Fair Play Dance Camp (été 2015)

Zio,
encora e per sempre,
pensero
a te.